Texte : Diane Laberge et Annie Lafrance; Photos : Gildas Awuye, Davi Tohinnou, Daniel Weintraub

Début juin, Montréal se transforme en un vaste espace public de création. Le temps d’un festival, on assiste à la création de murales de grandes dimensions qui, au-delà de mettre de la couleur permanente sur les murs de la ville, contribuent à faire de Montréal une plaque tournante artistique de calibre international.

L’art de rue à son meilleur

Chaque année depuis cinq ans, le Festival international d’art public MURAL met en scène une vingtaine d’artistes. « À travers une belle mixité de talents venus d’ailleurs, il offre aussi une vitrine internationale aux artistes montréalais en plus de paver la voie vers une meilleure connaissance de l’art de rue », résume André Bathalon, cofondateur de l’événement.

Ainsi, durant 11 jours consécutifs, le boulevard Saint-Laurent — principalement entre Sherbrooke et Mont-Royal — affiche haut et fort ses couleurs. « Depuis deux ans, nos activités vont bien au-delà du périmètre initial et jusque dans le Quartier chinois. » Bien que le festival ait une durée de vie éphémère, les murales, elles, ne le sont pas. Pour André Bathalon, celles-ci prennent tout leur sens en contexte hivernal, entre décembre et mars. « Dans la morosité de l’hiver, les murales offrent aux passants une bonne dose de vitamine C. »

Des murs qui parlent

Bien que les artistes aient carte blanche, beaucoup d’entre eux se sentent investis d’une mission. « On veut faire du sens dans la communauté. Plusieurs veulent savoir qui habite un édifice avant de le peindre », poursuit Bathalon. C’est ainsi que sur les murs d’un immeuble du boulevard Saint-Laurent, coin Napoléon, l’artiste montréalais Kevin Ledo a souhaité peindre le portrait de Léonard Cohen. « Cohen était un ancien voisin de Ledo. Tous les deux ont habité ce même quartier portugais durant plusieurs années. Son portrait de 40 m de haut est devenu un véritable attrait touristique. »

Envie de suivre le parcours des murales? Il suffit de télécharger l’application mobile — disponible sur le site du festival — et de laisser librement entrer la couleur dans nos vies.

Dynamiser son décor

Les mélanges de couleurs vives ne sont pas réservés qu’à la salle de jeux des enfants! Que non. Les couleurs vitaminées sont une source d’inspiration; elles dynamisent les lieux de travail, même ceux des plus grands, pour favoriser leur créativité et, en même temps, leur productivité.

Saviez-vous que l’agencement des couleurs primaires (ici l’Auréole, le Tamale épicé et le bleu Miam miam miam) — que l’on appelle aussi une harmonie triadique puisqu’elle forme un triangle parfait sur le cercle chromatique —, encourage non seulement le mouvement physique, mais aussi intellectuel? C’est pourquoi on retrouve cette harmonie autant dans les centres sportifs que dans les bureaux de création.

Comment bien équilibrer cette harmonie sans s’étourdir? En optant pour une toile de fond sobre, avec le gris comme teinte dominante. On aime le gris foncé Quartier industriel qui ajoute une touche urbaine au décor.

(La mural qui a été reproduite au fond de la pièce d’inspiration ci-dessus est une œuvre de Miss Me & Aydin Matlabi).

En raison de ses lignes artistiques et de sa touche de fantaisie, la création d’une murale permet aussi d’exprimer son individualité. Ce n’est pas étonnant d’en retrouver notamment dans les agences branchées et socialement connectées, spécialisées en design et en communication.

Alors, pourquoi ne pas les reproduire à la maison? Dans le bureau ou au sous-sol. Les couleurs vives sont partout de nos jours. Laissez entrer un peu de fantaisie dans votre décor.


QUE L’INSPIRATION VOUS GUIDE : Auréole brillante B35-3-0947-4; Collection Beauti-Tone • Tamale épicé; A19-2-1443-3; Collection Beauti-Tone • C20-2-0647-4; Miam miam miam; Collection Sesame Street • Quartier industriel; FO45-4; Collection Courant nouveau