Texte : Diane Laberge et Annie Lafrance; Photos : Patrick Blart, Caroline Ouellette

Depuis vingt ans, Caroline Ouellette et Patrick Primeau s’amusent à jouer avec la matière. Dans la chaleur intense de leur atelier, entouré d’équipement industriel d’une grande robustesse, le couple de souffleurs de verre crée des œuvres uniques d’une extrême légèreté.

Depuis 15 ans, Caroline et Patrick vivent leur passion au cœur d’un impressionnant atelier de production de 2000 pi2 dans le parc industriel de Sainte-Julie, en Montérégie. Avec ses fournaises de fusion fonctionnant 24 heures sur 24, ses fours à recuisson, ses scies à diamant et ses postes de chalumeau, le studio de verre impressionne. « Il fait chaud, c’est bruyant et on adore ça », s’enflamme Caroline, détentrice d’un doctorat en verre d’art.

Caroline penche pour les sculptures utilisant diverses techniques — pâte de verre et chalumeau — tandis que Patrick concentre sa production sur de magnifiques vases-objets en verre soufflé. Ce qu’ils aiment du métier? « Explorer la matière. Ses possibilités sont sans limites. » Le couple trouve son inspiration dans la nature, les parfums d’enfance, les émotions ou lors de plongées sous-marines, dans le cas de Patrick. Ils créent sur mesure ou selon l’intuition du moment, les couleurs et les formes s’imposant d’elles-mêmes. Et les tendances? « On profite certainement de l’intérêt pour le fait local, les objets faits main et les histoires qu’ils racontent. »

Plusieurs de leurs créations font déjà partie des collections permanentes du Musée national des beaux-arts du Québec et celui de Montréal. « C’est notre plus grande fierté. »

Heureux hasard
Patrick et Caroline grandissent à Sainte-Julie, à deux coins de rue l’un de l’autre, sans jamais se connaître. Ils se croiseront un jour à Amsterdam avant de s’inscrire tous les deux à l’école Espace Verre, par le plus pur des hasards.

Du style, au pluriel

Le verre s’harmonise à tous les types de décors, y compris au style industriel. « Il y a du verre soufflé façon rococo autant que contemporain. Aujourd’hui, l’objet qui plaît est celui qui s’intègre à l’environnement au lieu d’y être simplement déposé. »

Aussi malléable que le verre soufflé, la décoration se personnalise et emprunte à différents courants. L’effet brut du style industriel s’adoucit au contact d’une teinte délicate, paisible et élégante comme le bleu Chaise Eames bleue de la collection Accent Rétro. Très en vogue, ce vert doux et équilibré s’agence aussi bien à des matières ultramodernes qu’à des matériaux rustiques.

On le dynamise avec l’ajout d’une touche contrastante, comme cet orangé fumé joliment intitulé Quant à Lou, qui colore des objets judicieusement sélectionnés.

Tel un canevas, le blanc Beignets au sucre, tiré de la collection des Blancs essentiels, illumine la pièce. Tandis qu’un gris pâle Déjeuner copieux donne de la texture et de la profondeur à notre blanc sucré. Qui a dit que le style industriel était froid et impersonnel?


QUE L’INSPIRATION VOUS GUIDE : Chaise Eames bleue; VF106-0; Collection Accent Rétro • Quant à Lou; B41-4-1515-4; Collection Beauti-Tone • Beignet au sucre; WB024-0; Collection des Blancs essentiels • Déjeuner copieux; D30-7-0572-0; Collection Beauti-Tone